En bref : la première consultation en chirurgie esthétique sert à établir une indication opératoire, pas à signer. Le praticien vous remet un devis détaillé, et un délai de réflexion de 15 jours court avant toute intervention. Ce rendez-vous se prépare : antécédents, traitements en cours, questions écrites.
Un devis détaillé devient obligatoire dès que l’acte esthétique dépasse 300 € ou nécessite une anesthésie générale, en application de l’arrêté du 17 octobre 1996. Ce document, vous le repartirez avec à la fin du rendez-vous. Beaucoup de patients l’ignorent et arrivent en pensant assister à un simple entretien commercial. C’est une consultation médicale, avec examen clinique, recherche de contre-indications et décision d’opérer ou non. Bien la préparer change la qualité de ce qui en sortira.
Ce que le chirurgien vous demandera pendant la première consultation en chirurgie esthétique
L’interrogatoire médical ouvre le rendez-vous. Antécédents chirurgicaux, allergies, maladies chroniques, grossesses, variations de poids récentes. Le praticien s’intéresse aussi à vos traitements en cours, y compris ceux qu’on oublie de citer : anticoagulants, anti-inflammatoires, contraception, compléments alimentaires, millepertuis. Le tabac fait partie des sujets systématiquement évoqués, et la recommandation formalisée d’experts de la Société française d’anesthésie et de réanimation indique qu’un arrêt de plus de 8 semaines avant l’intervention diminue de près de 50 % les complications respiratoires.
Vient ensuite l’examen clinique, le cœur du rendez-vous. Mesures, palpation, appréciation de la qualité de la peau, analyse des asymétries. Cet examen détermine la faisabilité technique de votre demande, et parfois oriente vers une autre intervention que celle que vous aviez en tête. Une patiente qui vient pour un gain de volume repart parfois avec une indication de lifting mammaire, ou l’inverse. Le chirurgien décrit alors les techniques envisageables et leurs suites : pour un projet mammaire, cela couvre le choix de la voie d’abord, du plan de pose et du volume, et vous pouvez en savoir plus sur l’augmentation mammaire avant même de vous déplacer, ce qui rend l’échange nettement plus productif.
Des photographies médicales sont prises dans la grande majorité des cabinets. Elles entrent dans votre dossier médical, servent de référence pour le suivi, et leur usage nécessite votre accord. Certains praticiens y ajoutent une simulation en trois dimensions. Utile pour discuter des proportions, moins fiable pour prédire le comportement des tissus à un an.
Les questions à poser pendant votre première consultation en chirurgie esthétique
La liste écrite reste la meilleure méthode. On oublie la moitié de ce qu’on voulait demander une fois assis face au bureau, puis on y repense dans l’ascenseur. Voici celles que je remets à chaque fois en avant, parce qu’elles font émerger des informations qui ne viennent pas spontanément.
- Quelle technique précise proposez-vous dans mon cas, et pour quelle raison plutôt qu’une autre ?
- Où seront les cicatrices, quelle longueur feront-elles et comment évolueront-elles sur les douze premiers mois ?
- Combien de jours d’arrêt de travail dois-je prévoir, et à partir de quand pourrai-je reprendre le sport ?
- Que se passe-t-il si le résultat ne me convient pas, et une retouche est-elle facturée ?
- Combien de consultations de suivi sont comprises, et qui joindre en cas de question la première semaine ?
Qui pratiquera réellement l’intervention
L’article L6322-2 du code de la santé publique prévoit que le chirurgien qui a rencontré la personne pratique lui-même l’intervention, ou l’informe pendant cette rencontre qu’il n’effectuera pas tout ou partie du geste. Cette obligation existe précisément parce que la substitution de praticien a été un motif de contentieux récurrent. Posez la question directement, et vérifiez que la réponse figure sur le devis. À mon avis, une hésitation sur ce point vaut tous les avis en ligne du monde.
Profitez-en pour contrôler la qualification. Seuls les médecins qualifiés en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, et quelques spécialités listées à l’article D6322-43 dans leur périmètre propre, composent une équipe autorisée à pratiquer ces actes. La vérification prend deux minutes sur l’annuaire du Conseil national de l’Ordre des médecins.
Où aura lieu l’opération
Les interventions esthétiques ne se pratiquent que dans des installations autorisées par le préfet, avec une autorisation délivrée pour cinq ans après visite de conformité. Exercer sans cette autorisation expose à une amende de 150 000 €. Demandez le nom de la clinique dès le premier rendez-vous, il doit apparaître sur le devis avec le numéro FINESS de l’établissement.
Devis, délai de réflexion, TVA : ce que la loi encadre
Le devis est remis en deux exemplaires signés par le praticien. Il mentionne sa qualification, son numéro d’inscription au conseil départemental de l’Ordre, l’existence d’une assurance en responsabilité civile professionnelle, la nature exacte de l’acte et de l’anesthésie, le décompte détaillé des honoraires et des frais de clinique, le nombre de jours d’arrêt de travail à prévoir et les examens préopératoires nécessaires. Vous inscrivez « devis reçu avant l’exécution de la prestation de service », vous datez, vous signez.
Ensuite commence le délai de réflexion de 15 jours fixé par l’article D6322-30. Ce délai ne peut pas être raccourci, même si vous le demandez. Pendant cette période, aucune contrepartie ni aucun engagement ne peut vous être demandé, à l’exception des honoraires de consultation. Un cabinet qui réclame un acompte avant l’expiration du délai est en infraction : l’article L6324-2 prévoit une amende de 30 000 € pour l’absence de devis, le non-respect du délai ou la perception d’une contrepartie pendant celui-ci. Passé ces quinze jours, vous portez la mention « devis accepté après réflexion » si vous confirmez.
Un mot sur le prix affiché, qui surprend souvent. Les actes de chirurgie esthétique sans finalité thérapeutique supportent la TVA à 20 %. L’administration fiscale a confirmé en 2025, que seuls les actes non remboursés dont l’usage thérapeutique est reconnu par la Haute Autorité de santé échappent à cette taxe. Le montant TTC du devis intègre donc une part fiscale qui n’a rien à voir avec les honoraires du chirurgien.
La consultation d’anesthésie, un rendez-vous distinct
Dès qu’une intervention programmée requiert une anesthésie générale ou locorégionale, l’article D6124-91 du code de la santé publique impose une consultation préanesthésique. Elle a lieu plusieurs jours avant l’acte, ce qui exclut la veille, et permet de prescrire un bilan complémentaire si besoin. Elle ne se confond pas avec la visite préanesthésique, réalisée dans les 24 heures précédant l’intervention pour vérifier qu’aucun élément médical nouveau n’est apparu. Mon conseil serait de la programmer dans la foulée de votre décision, pas la semaine du bloc : découvrir une anomalie biologique à trois jours de l’opération conduit à tout décaler.
Ce que je conseille d’apporter à la première consultation en chirurgie esthétique
Mon expérience m’a appris que les consultations les plus utiles sont celles où le patient arrive avec des documents plutôt qu’avec des souvenirs approximatifs.
- La liste écrite de vos traitements en cours, ordonnances à l’appui, y compris les produits achetés sans prescription.
- Vos comptes rendus opératoires antérieurs et, pour un projet mammaire, la dernière imagerie de dépistage si vous en avez une.
- Deux ou trois photos de résultats qui vous parlent, en sachant qu’elles servent à préciser un goût, jamais à commander un résultat.
- Votre carte de mutuelle, utile uniquement si une part réparatrice entre dans le projet.
Un dernier point qui n’apparaît sur aucune fiche officielle : venez avec une idée de votre calendrier. Entre la consultation, les quinze jours de réflexion, la consultation d’anesthésie et les suites, un projet démarré en juin s’opère rarement avant septembre. Les patients qui calquent leur intervention sur une échéance fixe, un mariage ou un départ en vacances, sont ceux qui acceptent le plus mal l’imprévu d’un décalage. Une marge de deux mois après la date prévue vous évitera d’arbitrer dans l’urgence.

Questions fréquentes sur la première consultation en chirurgie esthétique
La première consultation en chirurgie esthétique est-elle payante ?
Oui, elle correspond à des honoraires libres, souvent situés entre 50 € et 150 € à Paris. Elle n’est pas remboursée pour un acte purement esthétique. Beaucoup de cabinets offrent ensuite les consultations de suivi préopératoires et postopératoires.
Peut-on renoncer après avoir signé le devis ?
Vous ne devenez engagé qu’en portant la mention « devis accepté après réflexion », datée et signée, à l’issue des 15 jours. Avant cette signature, rien ne vous lie, et aucune somme ne peut vous être réclamée hormis les honoraires de consultation.
Faut-il une deuxième consultation avant l’intervention ?
La loi n’en impose pas formellement une seconde avec le chirurgien, mais elle exige la consultation préanesthésique plusieurs jours avant l’acte. Un second rendez-vous avec l’opérateur reste la pratique courante pour valider le projet et les mesures définitives.
Le chirurgien peut-il refuser d’opérer ?
Oui, et c’est fréquent. Un refus intervient devant un risque médical, des attentes techniquement irréalisables au regard de la morphologie, ou une demande motivée par un tiers. Ce refus relève de la responsabilité du praticien, qui doit l’expliquer.
Peut-on faire cette consultation en visioconférence ?
Plusieurs cabinets la proposent pour un premier échange à distance. Elle ne remplace pas l’examen clinique en présentiel, sans lequel aucune indication opératoire sérieuse ne peut être posée, ni le devis correctement établi.



