Depuis le 14 juin 2026, tout pot de miel issu d’un mélange doit faire figurer, dans le champ visuel principal de l’étiquette, l’ensemble des pays de récolte classés par ordre pondéral décroissant, avec le pourcentage de chacun. Les mentions génériques du type « mélange de miels originaires de l’UE et non UE » ne sont plus admises. Une tolérance de 5 % est prévue par part. La France n’a pas retenu la souplesse européenne permettant de n’afficher que les quatre premiers pays.
La récolte d’été tombe cette année juste après un changement réglementaire majeur. Le décret n° 2026-312 du 24 avril 2026, publié au Journal officiel le 25 avril, transpose la directive européenne dite « petit-déjeuner » et modifie les règles d’origine du miel depuis le 14 juin. Pour un apiculteur qui met en pot et réimprime ses étiquettes, l’échéance tombe en pleine saison. Cet article détaille ce qui change, ce qui ne change pas, et comment gérer les stocks d’étiquettes existants.
Ce qui a changé le 14 juin 2026
| Point | Avant | Depuis le 14 juin 2026 |
| Miel d’une seule origine | Pays de récolte indiqué | Inchangé : le pays de récolte reste indiqué |
| Miel de mélange | Mention générique admise dans plusieurs États membres | Tous les pays de récolte, avec le pourcentage de chacun |
| Ordre de présentation | Non encadré | Ordre pondéral décroissant |
| Emplacement | Libre sur l’étiquette | Champ visuel principal |
| Tolérance | Sans objet | 5 % par part, sur la base des documents de traçabilité |
| Mentions « UE / non UE » | Admises | Ne suffisent plus |
Un exemple concret : un pot composé de 60 % de miel ukrainien, 30 % de miel espagnol et 10 % de miel français doit désormais afficher ces trois pays et ces trois pourcentages, en face avant du pot, dans cet ordre.
Un point spécifique à la France mérite d’être connu. La directive européenne autorisait les États membres à n’exiger, pour les mélanges de plus de quatre origines, que le pourcentage des quatre parts les plus importantes. La France, en accord avec la filière, n’a pas retenu cette flexibilité : sur le marché français, tous les pays et tous les pourcentages doivent figurer. Une étiquette conçue selon la règle allégée d’un autre État membre ne pourra pas y être commercialisée.
Que signifie « champ visuel principal » ?
C’est la nuance la plus lourde de conséquences pour la conception de l’étiquette. Le champ visuel principal désigne la partie de l’emballage la plus susceptible d’être vue au premier coup d’œil lors de l’achat, autrement dit la face avant du pot.
L’origine ne peut donc plus être reléguée en contre-étiquette ou en petits caractères au dos. Sur un pot de 250 g dont l’étiquette de face mesure quelques centimètres, cela signifie réserver un espace à une information qui peut compter trois ou quatre lignes. Pour beaucoup d’apiculteurs commercialisant un miel de leur propre récolte, l’impact reste limité : un miel d’une seule origine ne requiert qu’une mention de pays. Ce sont les conditionneurs et les revendeurs assemblant plusieurs provenances qui doivent revoir leurs maquettes en profondeur.
Les mentions obligatoires sur un pot de miel
| Mention | Précision |
| Dénomination de vente | « Miel », éventuellement complétée : miel de fleurs, miel de miellat, miel en rayon |
| Origine | Pays de récolte ; pour un mélange, tous les pays avec leur pourcentage en champ visuel principal |
| Quantité nette | En grammes, dans le même champ visuel que la dénomination |
| Date de durabilité minimale | « À consommer de préférence avant fin … », généralement fixée à deux ans |
| Numéro de lot | Sauf si la date de durabilité comporte le jour et le mois |
| Nom et adresse de l’exploitant | Producteur ou conditionneur sous le nom duquel le miel est commercialisé |
| Conditions de conservation | Facultatif mais utile : à l’abri de la lumière et de la chaleur |
Le miel étant un produit composé d’un seul ingrédient, il ne porte pas de liste d’ingrédients. Les indications florales — miel d’acacia, de lavande, de châtaignier — restent des mentions valorisantes conditionnées à la réalité botanique du produit, et font partie des points régulièrement contrôlés.
Que faire de ses étiquettes déjà imprimées ?
Le décret prévoit une période transitoire. Les produits mis sur le marché ou étiquetés avant le 14 juin 2026, conformes à la réglementation alors en vigueur, peuvent continuer à être commercialisés jusqu’à épuisement des stocks. Un lot déjà mis en pot et étiqueté avant cette date n’a donc pas à être repris.
En revanche, toute nouvelle mise en pot doit respecter les règles actuelles. Trois vérifications s’imposent avant de relancer une impression : le miel est-il mono-origine ou issu d’un mélange ; si mélange, les pourcentages par pays sont-ils disponibles dans les documents de traçabilité ; et la maquette réserve-t-elle une zone suffisante en face avant. C’est le moment de la saison où ces corrections coûtent le moins cher, la reprise d’une maquette après tirage étant toujours plus pénalisante qu’une vérification en amont.
Formats et pose sur un pot
Le pot de miel présente deux particularités techniques. Sa forme cylindrique limite la largeur d’étiquette exploitable sans plis : au-delà d’environ un tiers de la circonférence, une étiquette rigide se décolle aux angles. Et le miel étant souvent conditionné tiède, la condensation qui se forme sur le verre en refroidissant compromet l’adhésion.
- Attendre le refroidissement complet du pot avant la pose, et essuyer le verre si de la condensation s’est formée.
- Adapter la largeur au diamètre du pot plutôt que de choisir un format standard au hasard.
- Séparer face et contre-étiquette : la face porte la dénomination, l’origine et la quantité ; le dos accueille les coordonnées et les conseils.
- Prévoir un emplacement pour le lot et la date afin d’éviter les annotations manuscrites en fin de série.
- Choisir un support résistant à l’humidité : un pot manipulé avec les doigts collants abîme vite un papier non protégé.
Les gammes d’étiquette pour pot de miel prédécoupées correspondent aux diamètres des pots normalisés, ce qui évite d’avoir à recalculer un format à chaque changement de contenant.
Questions fréquentes
Faut-il indiquer le pourcentage de chaque pays sur un pot de miel ?
Oui, dès lors que le miel est issu d’un mélange de plusieurs origines. Les pays doivent figurer dans le champ visuel principal, par ordre pondéral décroissant, avec le pourcentage de chacun. Une tolérance de 5 % est admise par part, sur la base des documents de traçabilité.
Un apiculteur qui ne vend que sa propre récolte est-il concerné ?
Il l’est peu. Un miel d’une seule origine n’appelle que la mention du pays de récolte, ce qui était déjà le cas. Le changement concerne surtout les conditionneurs et revendeurs assemblant des miels de provenances différentes.
La mention « mélange de miels originaires de l’UE » est-elle encore valable ?
Non. Ces formulations génériques ne suffisent plus depuis le 14 juin 2026 : elles ne permettent pas d’identifier les pays de récolte ni leur part respective, ce que la nouvelle réglementation exige désormais.
Puis-je écouler mes anciennes étiquettes ?
Les produits étiquetés ou mis sur le marché avant le 14 juin 2026 conformément à l’ancienne réglementation peuvent être commercialisés jusqu’à épuisement des stocks. En revanche, les pots étiquetés après cette date doivent respecter les nouvelles règles.
Quelle date de durabilité indiquer sur un pot de miel ?
Elle est fixée par le producteur sous sa responsabilité, et se situe couramment autour de deux ans. Le miel ne se périme pas au sens strict, mais il cristallise et perd progressivement ses arômes, ce que la date de durabilité minimale traduit.
Peut-on écrire « miel de lavande » librement ?
Une indication florale suppose que le miel provienne effectivement et principalement de cette source, ce qui s’établit par analyse pollinique. Ces mentions valorisantes font partie des points régulièrement vérifiés lors des contrôles.
Ce qu’il faut retenir
- Depuis le 14 juin 2026 : tous les pays de récolte avec leur pourcentage sur les mélanges.
- L’information doit figurer dans le champ visuel principal, en face avant du pot.
- La France n’a pas retenu la règle allégée des quatre premiers pays.
- Un miel mono-origine n’est presque pas affecté par le changement.
- Les étiquettes apposées avant le 14 juin 2026 restent écoulables.
- Poser l’étiquette après refroidissement complet du pot.



