# L’uniforme de la gendarmerie française : deux siècles d’évolution, de la capote bleue au polo technique > Auteur : Nicky Estor > Biographie de l'auteur : Spécialiste SEO, contenu rédaction, et journaliste, je suis le propriétaire de ce blog. > Date de publication : 2026-04-02T10:32:37+00:00 > URL canonique : https://doctolix.com/mode-fashion-beaute/uniforme-gendarmerie-francaise-histoire-evolution/ > Dernière modification : 2026-04-02T10:32:37+00:00 Il y a quelque chose de fascinant dans la continuité. Depuis plus de trois siècles, le bleu traverse l’histoire de la gendarmerie sans jamais vraiment la quitter. Couleur de la Maison du Roi, couleur de la République, couleur de l’autorité. L’**uniforme de la gendarmerie française** n’est pas simplement une tenue de service. C’est un récit vivant, cousu fil à fil, dans lequel chaque époque a laissé sa marque. De la capote de drap lourd aux polos techniques en polyester respirant, retour sur une évolution vestimentaire qui dit autant sur l’institution que sur la société qui l’a façonnée. Les racines de l’uniforme de la gendarmerie française : la maréchaussée et l’ordonnance de 1720 ----------------------------------------------------------------------------------------------- ### Le justaucorps, premier vêtement réglementaire Avant 1720, les hommes de la maréchaussée royale s’habillaient comme ils pouvaient. Les tenues étaient disparates, récupérées, souvent incompatibles entre elles. **C’est l’ordonnance du 16 mars 1720 qui instaure pour la première fois une tenue réglementaire uniforme.** Ce texte fondateur décrit avec précision la tenue prescrite : un justaucorps de drap bleu, doublure et parements rouges, culotte chamois, chapeau à cocarde blanche. Les couleurs de la Maison du Roi sont là, instillées dans le tissu même de l’institution. Elles ne la quitteront plus. Comme le souligne le [site GIGN Historique](https://www.gign-historique.com/blog/2009/01/05/le-premier-uniforme-le-justaucorps/), l’ordonnance de 1720 constitue réellement le point de départ de toute l’histoire uniformologique de la gendarmerie. Ce justaucorps instaure également les trois éléments structurants que l’on retrouvera, sous des formes sans cesse renouvelées, jusqu’à nos jours : **un habit, une culotte (ou pantalon), et une coiffe.** Le triangle fondateur de l’uniforme du gendarme est posé. Tout le reste n’est, d’une certaine manière, que variation autour de ces trois piliers. ### La Révolution de 1791 : un nouveau nom, un même bleu Le 16 février 1791, l’Assemblée Nationale Constituante transforme la maréchaussée royale en **gendarmerie nationale**. C’est l’acte de naissance officiel de l’institution, tel que le rappelle le [site officiel Gendinfo](https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/histoire/le-16-fevrier-1791-la-naissance-de-la-gendarmerie). Sur le plan vestimentaire, pourtant, la rupture est moins radicale qu’on ne le croirait. L’habit bleu à la française, hérité de 1778, est maintenu. Seuls les symboles changent : la cocarde tricolore remplace la cocarde blanche, l’aiguillette tricolore fait son apparition, la fleur de lys cède la place à la grenade républicaine sur les cuivreries. **Le fond reste bleu. Seule l’âme du vêtement change de camp.**  Du XIXe siècle à 1914 : quand l’uniforme de la gendarmerie française se structure --------------------------------------------------------------------------------- ### De l’habit-veste à la tunique : un siècle de métamorphoses Le XIXe siècle est une période de grande agitation vestimentaire. Les régimes se succèdent — Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, République, Second Empire — et chacun impose ses propres symboles sur les cuivreries et les boutons. Mais la couleur, elle, ne bouge pas. Les **règlements de 1812**, élaborés sous la commission du général Bardin, introduisent une transformation majeure : l’habit à la française cède la place à l’habit-veste, plus court, plus pratique. Puis vient la tunique en 1871, décidée par le général de Cissey. Elle boutonne droit sur la poitrine, passepoilée d’écarlate. Elle habille le gendarme départemental pendant plus de quarante ans. C’est aussi au XIXe siècle que naît l’un des accessoires les plus iconiques de la tenue : le **képi**. Il fait son apparition progressive sous le Second Empire, sous l’appellation « képy », et remplace peu à peu le célèbre chapeau tricorne puis bicorne que portaient les gendarmes depuis plus d’un siècle. La transition est lente, symbolique, et parfois résistée. Mais à la fin du XIXe siècle, le képi s’impose comme la coiffe du soldat de la loi. - **1720** — Première tenue réglementaire : justaucorps bleu, culotte chamois, chapeau à cocarde blanche. - **1791** — Naissance de la gendarmerie nationale : les symboles changent, les couleurs restent. - **1812** — Introduction de l’habit-veste à la place de l’habit à la française. - **1871** — La tunique bleue remplace l’habit-veste et structure la silhouette du gendarme pendant quatre décennies. - **Fin XIXe siècle** — Le képi s’impose définitivement comme coiffe réglementaire. ### L’apparition de la vareuse et du képi, symboles durables En 1914, une rupture vestimentaire majeure se produit. La tunique à basques — solennelle, rigide, peu adaptée aux exigences du terrain — laisse place à la **vareuse**. Ce vêtement plus souple, plus enveloppant, répond directement aux contraintes opérationnelles que la guerre impose aux corps habillés. La vareuse va traverser le XXe siècle avec une remarquable longévité. Aujourd’hui encore, elle survit comme **tenue de cérémonie et de tradition**, portée lors des commémorations et des parades. Elle est le témoin vivant de cette bascule entre le XIXe et le XXe siècle. Le XXe siècle : vers une tenue plus fonctionnelle ------------------------------------------------- ### 1989 et le pull tactique : la rupture avec le formalisme Pendant des décennies, la tenue de service courant de la gendarmerie départementale conserve une allure formelle, héritée des standards militaires du siècle précédent. Puis 1989 introduit une véritable rupture : **le pull et la veste microporeuse** font leur entrée dans la dotation. Ce n’est pas qu’un détail. C’est le signal d’une nouvelle philosophie de l’habillement en gendarmerie : la fonctionnalité monte en puissance face au protocole. Le gendarme doit pouvoir agir, courir, intervenir. Son vêtement doit le suivre, pas le contraindre. ### 2002 : la grande réforme de l’uniforme de la gendarmerie française L’année 2002 marque un tournant décisif dans l’histoire de l’**uniforme de la gendarmerie française**. En novembre, une nouvelle tenue typée *sportwear* est officiellement présentée. Elle opère une séparation nette entre deux univers : d’un côté, la **tenue de tradition** — la vareuse, le képi — réservée aux cérémonies et aux occasions officielles. De l’autre, la **tenue d’intervention** opérationnelle, pensée pour le terrain. La casquette remplace le képi pour le service courant. Le polo bleu ciel s’impose dans les brigades. L’identité militaire demeure, mais elle se glisse dans un vêtement technique, adapté aux missions contemporaines. 
| Période | Pièce maîtresse | Coiffe | Caractéristique principale |
|---|---|---|---|
| 1720–1791 | Justaucorps bleu | Chapeau tricorne | Première tenue réglementaire unifiée |
| 1791–1812 | Habit « à la française » | Chapeau bicorne | Symboles républicains, couleurs inchangées |
| 1812–1871 | Habit-veste | Chapeau / képi naissant | Coupe plus courte, pratique |
| 1871–1914 | Tunique bleue | Képi | Passepoil écarlate, boutons à grenade |
| 1914–1989 | Vareuse | Képi | Souplesse opérationnelle, perdure en cérémonie |
| 1989–2002 | Pull + veste microporeuse | Képi / casquette | Entrée du textile technique |
| 2002–aujourd’hui | Polo bleu ciel technique | Casquette (service) / képi (cérémonie) | Tenue sportswear fonctionnelle, tissu respirant |